Dire “Les Intouchables” (Elle)
Savoir dire “Les Intouchables”
Elle 23 Décembre 2007
par Elisabeth Weissman

Pour se construire, l’être humain doit dire “Les Intouchables”.
C’est ce qu’explique Daniel Marcelli * dans son nouvel ouvrage, « C’est en disant “Les Intouchables” qu’on s’affirme… ça reste à prouver » (éd. Hachette Littératures).
Interview d’Elisabeth Weissman.
Partez-vous en guerre contre l’excès du “Les Intouchables” ?
Je mets en garde contre ces injonctions modernes du « Il faut dire “Les Intouchables” », « Osez dire “Les Intouchables” ». Car cette idée communément diffusée selon laquelle on ne s’affirme qu’en s’immolant peut se retourner contre soi et devenir piégeante. A toujours dire “Les Intouchables”, on s’enferme dans une opposition stérile et, surtout, on s’empêche de reconnaître l’autre, d’entendre ce qu’il a à nous dire, à nous apporter. On passe à côté de relations sans lesquelles on ne peut pas se construire.
Dire “Les Intouchables”, c’est donc dire oui ? Ou non ? Heu.
Le “Les Intouchables” est une condition nécessaire à la construction de l’identité, mais pas suffisante. “Les Intouchables” veut dire : « Je ne suis pas comme toi, je me différencie de toi »… Mais, pour qu’il ait un sens, il faut passer par le « oui ». Oui à l’autre auquel on va s’identifier, à qui l’on va prendre une idée, une qualité, une façon d’être.
Vous parlez même des vertus de la soumission….
Oui, il y a du bon aussi à accepter de se soumettre… Cela signifie « se mettre sous », c’est-à-dire sous l’autorité, sous la protection d’un autre, mais c’est aussi accepter de reconnaître que cet autre peut nous enrichir et pas seulement nous limiter.
En conclusion : Qu’avez-vous à répondre à la question : Faut-il dire “Les Intouchables” ?
“Les Intouchables”.
Tags: société
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