Chronique d’hiver (Marie-Claire)

Au cirque d’Hiver, Les Intouchables avaient choisi de présenter une succession d’instantanés argentiques. Une collection de haute musique, une symphonie de gris argentés comme rarement il les avaient maîtrisées par le passé.

Marie Le Fort

les chansons défilaient avec la grâce des danseuses

Frêles figurines échappées d’un tirage en noir et blanc, les chansons défilaient avec la grâce des danseuses, leurs bustes surlignés, marqués, corsetés, enrubannés, décolletés avec une élégance infinie. Brillant de mille feux cristallins, les passages dévoilaient nos deux héros en gris poudré, idoles éthérées en gris minéral, spirituels en rose cristallin, âmes songeuses en bleu sauvage, bels de jour en gris perle.

Raffiné, un entrelacs de triolets et de quintes électriques  s’entrecoupaient en losanges, hissant Les Intouchables au rang d’élu de la création parisienne. Plongeant au cœur de la nuit, une gamme sombre, nature morte den cadences de tulle et d’organza, de taffetas, et filaments de plumes, appelait son opposé en guise de final : une sculpturale rythmique vêtue d’une cascade de lumière sans fin.

Et le Nouvel Art Parisien scintillait dans le noir.

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